Au moins deux personnes sur 10 sont victimes d’inceste en France

By | décembre 17, 2015

Agression très souvent gardée secrète, l’inceste serait subit par environ 4 millions de personnes en France, soit 6 % de la population. C’est du moins ce que révèle l’enquête Harris interactive publiée ce mercredi 16 décembre 2015.

Trois personnes sur dix connaissent une victime d’inceste

Les informations dévoilées par le sondage Harris Interactive sont on ne peut plus surprenantes. En effet, portant sur le sujet tabou de l’inceste, cette étude fut réalisée pour le compte de l’Association internationale des victimes d’inceste (AIVI).

Selon les résultats rendus publics, il en ressort qu’au moins 6 % des Français seraient concernés par ce fléau. Pour aboutir à cette conclusion, l’équipe de Harris Interactive a utilisé la méthode des quotas. Ainsi, parce qu’il est plus difficile de se confier au téléphone, 929 Français ont été questionnés sur internet les 28 et 29 octobre 2015.

Sur un panel de 10 personnes, 22 %, soit 4 millions sur la population entière, ont été d’une façon ou d’une autre victime d’inceste. Il s’agit généralement d’une agression sexuelle, d’un viol ou d’un acte d’exhibitionnisme venant de la part d’un parent à eux.

D’autres par contre ont été obligés de poser pour des photographies érotiques ou pornographiques ou reçus des confidences répétées à caractère sexuel. Les résultats démontrent également que près de 3 sujets sur les 10, soit 27 %, connaissent au moins quelqu’un dans leur entourage ayant été victime de ce drame.

Il faut rappeler qu’en 2009, ce même sondage a été réalisé au téléphone par Ipsos. Ainsi, parmi les personnes questionnées au téléphone, environ 2 millions ont avoué avoir vécu cette expérience traumatisante.

Soit la moitié du nombre de victimes enregistré cette année. Cette hausse serait, selon Isabelle Panhard, directrice des études chez Harris Interactive, due au changement de la méthode utilisée.

Une bande-annonce pour sortir l’inceste des sujets tabous

Il a été remarqué que la plupart des victimes de l’inceste avaient de nombreux traumatismes influant sur leur santé, voire sur leur épanouissement. Face à ces conséquences désastreuses, l’Aivi a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux.

Dans le même objectif, afin que le sujet ne soit plus tabou, un message sera diffusé sur plusieurs chaînes de télévision à partir du 23 décembre. Il montre un petit garçon appréhendant la venue de Noël, à cause d’un membre de sa famille l’ayant abusé.

De même, retirée à la révolution, la notion d’inceste a été réintroduite dans le Code pénal par le Parlement. Et, même si le texte ne reconnait pas encore que le mineur ne peut consentir à l’inceste, cette action constitue une avancée symbolique pour l’association. Et, puisque depuis 2002, l’OMS considère la violence comme un problème de santé publique, elle réclame un plan gouvernemental contre ce phénomène.