Etat islamique : Barack Obama dévoile sa stratégie de lutte

By | septembre 10, 2014

Barack Obama présentera mercredi soir sa stratégie contre l’Etat islamique, qu’il a promis de détruire, stratégie qui ne nécessite pas pour l’instant l’autorisation des élus du Congrès, estime-t-il, mais qu’il souhaite voir endossée par une coalition internationale.

Le président des Etats-Unis, qui doit s’exprimer à 21h00 (jeudi 01h00 GMT), est très attendu sur ce qu’il compte faire contre ce groupe djihadiste ultra-radical, accusé de nombreuses exactions dans les territoires qu’il a conquis en Syrie et en Irak. L’Etat islamique (EI, ex-EIIL) a également décapité deux journalistes américains qu’il retenait prisonniers en Syrie.

Le chef de la Maison blanche souhaite faire reposer l’intervention des Etats-Unis sur une coalition internationale. Une dizaine de pays, dont la France et le Royaume-Uni, se sont déjà engagés à en faire partie.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry est cette semaine en Arabie saoudite et en Jordanie pour tenter d’obtenir un soutien actif des Etats arabes.

Le président français François Hollande doit se rendre en Irak vendredi tandis qu’une conférence internationale sur la sécurité en Irak et la lutte contre l’Etat islamique se tiendra lundi prochain à Paris.

Elu en 2008 sur la promesse de retirer d’Irak les troupes américaines engagées par son prédécesseur George W. Bush, Barack Obama a annoncé début août des frappes ciblées en Irak contre l’Etat islamique pour protéger les Américains sur place ainsi que la minorité yazidie pourchassée par l’EI.

Les bombardements se sont pour l’instant concentrés sur les alentours d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, et dans le secteur des barrages de Mossoul et d’Haditha.

Le président, qui a reçu mardi les chefs de file démocrates et républicains du Congrès pour leur indiquer que sa stratégie n’avait pas besoin pour l’instant de leur autorisation, pourrait ordonner des frappes contre une liste élargie de cibles en Irak.

Il envisage aussi des frappes en Syrie, mais à condition que les islamistes plus modérés qui luttent sur place contre le président syrien Bachar al Assad soient en position de conserver les territoires qui auront été libérés de l’EI par les frappes aériennes.

Dans une interview dimanche à la chaîne de télévision NBC, Barack Obama a indiqué que les Etats-Unis frapperaient les chefs islamistes partout où ils le pourraient.

L’AUTORITÉ NÉCESSAIRE

Selon un sondage pour le Washington Post et ABC News publié mardi, 71% des Américains disent être favorables à des frappes aériennes en Irak et 65% à des frappes en Syrie. La cote de popularité du président est proche de son point bas, 43% seulement des sondés disant qu’il est un dirigeant ferme.

La formation dimanche d’un gouvernement d’union nationale en Irak, comprenant les minorités sunnites et kurdes à côté des chiites majoritaires était la condition pour une aide militaire américaine accrue, a souligné le porte-parole de la Maison banche Josh Earnest.

Barack Obama, critiqué par les républicains et par certains démocrates pour son attitude jugée hésitante face à l’EI, a rencontré le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, ainsi que Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate à la Chambre, Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat et Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat.

« Le président a dit aux chefs de file qu’il avait l’autorité nécessaire pour agir contre l’EIIL conformément à la mission qu’il présentera dans son discours demain soir », a déclaré la Maison blanche dans un communiqué publié mardi.

« Il a réaffirmé son sentiment que le pays est plus fort, et que nos efforts sont plus efficaces, quand le président et le Congrès travaillent ensemble pour combattre une menace pour la sécurité nationale comme l’EIIL. »

La législation américaine sur les pouvoirs de guerre oblige le président à consulter le Congrès avant de lancer les forces armées dans un conflit mais l’autorisation formelle du Congrès n’est obligatoire que si l’engagement des troupes dépasse 60 jours.

Lors de la réunion, le président de la chambre John Boehner a exprimé son soutien aux options proposées par Barack Obama et notamment à « une augmentation de l’efficacité des forces de sécurité irakiennes » et à l’équipement de certains groupes de l’opposition syrienne, a indiqué un conseiller.

« John Boehner a clairement dit que l’EIIL se préparait à nous combattre et que, comme nous l’avons appris en Syrie, plus longtemps nous attendons, plus difficiles seront nos choix », a dit le conseiller.

Barack Obama ne prévoit pas d’engager des troupes au sol, du moins en grand nombre. Les Etats-Unis ont plus de 800 hommes en Irak qui assurent la protection du personnel diplomatique et servent à orienter les frappes aériennes.