Jérôme Kerviel remis en liberté sous bracelet électronique

By | septembre 2, 2014

Incarcéré depuis la mi-mai pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d’euros à la Société générale, l’ancien trader quittera lundi la prison de Fleury-Mérogis.

Jérôme Kerviel va retrouver une certaine liberté de mouvement. Incarcéré pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d’euros à la Société générale, l’ancien trader a obtenu jeudi sa remise en liberté sous bracelet électronique. Il «est admissible au processus d’aménagement de sa peine. Il sortira de Fleury-Mérogis ce lundi et il va reprendre le cours d’une vie tout à fait normale», a annoncé son avocat, Me David Koubbi, après avoir consulté la décision au palais de justice de Paris. «Il va consacrer une partie de son temps libre à des engagements citoyens», a précisé le conseil.

Condamné définitivement en mars à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ferme, l’ex-employé de la Société générale purgeait sa peine depuis la mi-mai. Début août, il avait obtenu son placement sous bracelet électronique d’un juge d’application des peines (JAP) d’Évry, mais le parquet avait fait appel de cette décision, ce qui en avait suspendu l’application.

Selon la procédure, Jérôme Kerviel devrait se rendre lundi, après avoir quitté la prison, dans un service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) où un bracelet électronique lui sera posé. Il rejoindra ensuite son domicile avec un surveillant qui procédera au paramétrage du dispositif. L’appareil avertit à distance par une alarme si le bénéficiaire ne respecte pas les contraintes imposées ou tente de le briser. L’ex-trader pourra quitter son domicile de 7h à 20h30 chaque jour pour exercer une activité professionnelle – dans une société de conseil en logiciels informatiques – et sortir chaque week-end et jour férié.

Aménagement de peine

La défense de Jérôme Kerviel a appuyé sa demande de placement sous bracelet sur le fait qu’une fois déduites sa détention provisoire (41 jours) et les remises de peines automatiques prévues par la loi, celui-ci pouvait solliciter en juillet 2015, soit à la moitié de sa peine, une libération conditionnelle. Or, l’article 723-7 du Code de procédure pénale prévoit qu’une mesure d’aménagement de peine «peut être exécutée un an avant» la mi-peine, permettant à l’ancien trader de la demander dès maintenant.

Durant son parcours judiciaire, Jérôme Kerviel, qui avait en 2008 joué 50 milliards d’euros sur les marchés au nom de sa banque en camouflant ses positions, a reconnu une part de responsabilité avant de se présenter comme la victime d’un système, accusant la Société générale de machination et la justice de partialité. Soutenu par des personnalités de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon,Eva Joly, ou des hommes d’église comme l’évêque Jean-Michel di Falco ou le père Gourrier, prêtre à Poitiers, il a mené au printemps un périple ultramédiatisé en Italie, allant jusqu’à rencontrer le pape François à Rome, avant de rentrer en France où il a été interpellé.