Economie de l’offre : Apple en parfait exemple !

By | septembre 9, 2014

A ceux qui ne jurent que par la logique de la demande, qui n’ont toujours pas compris qu’aujourd’hui dans les pays développés, le seul moyen de faire de la croissance c’est de pratiquer des logiques d’offre : qu’ils regardent ce soir le lancement de l’iPhone 6, l’exemple le plus caricatural des succès d’une économie d’offre.

La sortie de l’iPhone 6 d’Apple n’est annoncée pour ce soir mais il y a peu de doutes à avoir sur le contenu de la conférence de presse. Dans toutes les grandes capitales du monde, des millions de clients passeront commande de ce petit joyaux de la technologie qui ne sera pas vendu moins de 500 euros.

Cela fait trente ans maintenant qu’Apple nous apporte tous les deux ans environ une innovation majeure qui remporte un succès planétaire et sert de locomotive à des secteurs entiers de l’économie. Nous avons là le meilleur exemple de ce qu’il faudrait faire pour sortir un pays plutôt mature du marasme de la crise.

Pour simplifier, ces produits à haute technologie ont trois grandes caractéristiques qui décrivent ce que l’on pourrait appeler le miracle d’une logique d’offre.

1ère caractéristique, ces produits ne répondent à aucune demande initiale. Ces produits ne sont pas nés d’une étude de marché qui aurait compris le comportement du consommateur. Ils sont nés de l’imagination de quelques chercheurs, du talent et du travail de quelques entrepreneurs et du risque pris par quelques investisseurs qui ont fait un pari financier.

2ème caractéristique, ces produits ont révélé des besoins cachés. Du coup,  ils ont créé leur marché. Ces produits sont généralement vendus assez chers mais ils n’ont pas besoin de relance ou de soutien public. Ils créent la solvabilité de leurs clients, ils suscitent de l’activité et des emplois dans le monde entier.

3ème caractéristique, ces produits créent de la croissance sur la planète toute entière. Ils sont fabriqués en Chine ou en Corée, ils sont conçus en Californie et distribués en occident. Un appareil vendu 500 euros  sort de l’usine asiatique à moins de 100 euros. Chaque appareil crée donc 100 euros de valeur au profit de la société chinoise. Les 400 euros restant sont créés aux USA dans la recherche et dans le commercial. Tout cela veut dire qu’à partir d’une innovation nées du coté de San Francisco, on a créé 100 euros de développement économique dans les pays émergents et 4 fois plus de richesse dans les pays développés. La logique d’offre conjure les risques de la mondialisation.

Première conclusion, l’iPhone et tous les produits de la même famille sont devenus absolument indispensables aux acteurs de l’économie moderne sans un seul centime d’investissement public. Pourtant, vingt ans plus tôt personne n’avait rien demandé. Cet iPhone 6, dit-on, aura sans doute une puce électronique qui pourra lui servir de terminal de paiement. Il va remplacer la carte de paiement et tous les terminaux de paiement. C’est toute une partie de l’activité des banques qui va être bouleversée.

Deuxième conclusion, la logique d’offre ne s’applique pas seulement aux produits digitaux. Par exemple, l’automobile allemande ne correspondait au départ à aucune demande. L’industrie allemande est devenue championne du monde du haut de gamme avec Mercedes et Audi alors que l’histoire de l’automobile allemande avait été écrite dans les années 30 par Volkswagen et la voiture du peuple.
C’est cette même logique d’offre qui sauvera l’agroalimentaire contre les prophéties des écologistes, ou qui explique l’insolent succès des produits de luxe français et italien. Vuitton est né sans besoin. Il a fait fortune en racontant une belle histoire. Le produit innovant raconte une histoire.

Aujourd’hui, 60 % des dépenses de consommation dans les pays développés portent sur des produits et des services qui n’existaient pas il y a dix ans. La moitié de ces produits étaient complètement inconnus du grand public. Ce dernier n’a jamais manifesté le moindre désir ou la moindre envie  avant que le produit ne soit sur le marché. Au rythme où vont les choses,  60% des produits et des services que nous consommeront dans moins de 10 ans n’existent pas aujourd’hui.

Dernier exemple de succès produit par une logique l’offre, le livre de Valérie Trierweiler. Que les économistes de gauche, bien Keynésien comme il faut, ne viennent pas demain nous expliquer qu’il y avait « une demande préalable ». Pourtant, le livre s’est déjà vendu à 200.000 exemplaires et ça continu. Donc, il y a une demande spontanée, un besoin sauf  que personne ne l’avait dit parce que personne ne le savait. Le succès de ce livre est le résultat le plus pur d’une logique d’offre. Le produit n’était pas insensible, beaucoup s’en seraient bien passé. Depuis une semaine il est devenu incontournable.

Le secret du redressement est donc de faciliter l’émergence de l’innovation, de produits nouveaux  et de prendre quelques risques. Il y a de l’argent dans ce pays, de l’intelligence, du talent mais il y a beaucoup d’inquiétude quant à l’avenir et beaucoup trop de frilosité, de rentiers et de procédures administratives qui bloquent tout.