Science et technologie : piliers essentiels pour une industrialisation durable au Vietnam

18 janvier 2026

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Le Vietnam s’engage résolument dans une transformation de son modèle industriel à l’approche d’une étape décisive de son développement. À l’heure où le pays prépare ses grandes orientations stratégiques, la science, la technologie et l’innovation s’imposent comme des leviers incontournables pour bâtir une économie moderne, autonome et respectueuse de l’environnement. L’industrie vietnamienne, longtemps dépendante des investissements étrangers et d’une main-d’œuvre bon marché, doit désormais privilégier la connaissance, la productivité et la transition énergétique pour assurer sa compétitivité à long terme.

En bref :

  • Le Vietnam vise une industrialisation fondée sur la science, la technologie et l’innovation plutôt que sur les ressources naturelles
  • L’industrie représente 37,65% du PIB mais reste concentrée sur des activités à faible valeur ajoutée
  • La transformation numérique et la gouvernance des données deviennent des enjeux stratégiques majeurs
  • La transition verte et la neutralité carbone d’ici 2050 constituent des objectifs prioritaires
  • Le perfectionnement institutionnel apparaît comme le levier décisif pour garantir un développement durable
  • L’État doit jouer un rôle moteur dans les domaines stratégiques comme la recherche scientifique et les industries de base

La transformation du modèle industriel vietnamien : vers une économie verte de la connaissance

L’industrialisation du Vietnam entre dans une phase critique de redéfinition. Selon la Prof. agrégée-Docteure Pham Thi Kiên de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, les orientations stratégiques récentes témoignent d’un changement profond dans la philosophie du développement industriel. Le pays abandonne progressivement son modèle traditionnel reposant sur les capitaux d’investissement massifs et une main-d’œuvre à faible coût.

Cette mutation s’inscrit dans une vision globale où l’industrie de transformation et de fabrication conserve son rôle pivot, tout en s’articulant étroitement avec le développement des industries de base et des industries de soutien. L’objectif : renforcer la capacité endogène et l’autonomie économique du pays face aux bouleversements des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le Prof. agrégé-Docteur Bùi Xuân Dung alerte sur l’urgence de cette transition. Dans un contexte de concurrence technologique accrue et de restructuration des échanges internationaux, le Vietnam ne dispose plus de marge de manœuvre pour poursuivre un modèle d’exploitation intensive des ressources. La nouvelle phase d’industrialisation doit impérativement s’orienter vers un paradigme « vert – numérique – durable ».

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Les usines intelligentes et la transformation numérique au cœur de la stratégie

L’émergence de nouveaux modèles de production révolutionne le paysage industriel vietnamien. Les usines intelligentes, les parcs industriels numériques et les centres de recherche et développement constituent désormais les piliers de cette transformation. Ces infrastructures intègrent des technologies de pointe permettant d’optimiser les processus, de réduire l’empreinte environnementale et d’accroître significativement la productivité.

La science et la technologie ne représentent plus de simples outils de soutien, mais deviennent les moteurs centraux de la croissance. Cette approche favorise l’apparition d’écosystèmes innovants où entreprises, universités et centres de recherche collaborent étroitement pour développer des solutions adaptées aux défis locaux et internationaux.

Recherche scientifique et innovation : moteurs d’une industrialisation durable

Le Centre pour la quatrième Révolution industrielle à Hô Chi Minh-Ville souligne un changement fondamental dans la conception des facteurs de production. Les données sont désormais considérées comme un actif et une ressource stratégique de l’économie numérique, déterminant la productivité, l’efficacité et la capacité d’innovation des entreprises.

Cette évolution nécessite un cadre institutionnel robuste structuré autour de trois piliers essentiels : les politiques et lois relatives aux données, les structures organisationnelles de coordination, et les processus de gestion des données. La promulgation de la Loi sur les données en 2024 marque une avancée majeure, accompagnée de la création du Centre national des données et de la Plateforme nationale de partage et de coordination.

Pilier du développement Objectif stratégique Impact attendu
Innovation technologique Développement de technologies propriétaires Autonomie industrielle accrue
Transformation numérique Digitalisation des processus de production Gains de productivité de 30-40%
Transition énergétique Neutralité carbone d’ici 2050 Réduction des émissions de 70%
Économie verte Économie circulaire généralisée Valorisation optimale des ressources
Recherche & Développement Centres d’excellence scientifique Brevets et innovations de rupture

Les défis persistants de la gouvernance des données et de la protection de la vie privée

Malgré ces avancées législatives et institutionnelles, des goulots d’étranglement majeurs freinent encore la pleine exploitation du potentiel numérique. La fragmentation des données entre différentes administrations et secteurs limite leur utilisation efficace. Le principe de « collecte unique – utilisation multiple » peine à se concrétiser pleinement dans les pratiques quotidiennes.

La pénurie de ressources humaines hautement qualifiées dans le domaine de la science des données constitue un autre défi de taille. Les universités et centres de formation intensifient leurs programmes, mais l’écart entre l’offre et la demande reste considérable. Les tensions entre exploitation des données à des fins économiques et protection de la vie privée des citoyens nécessitent également des arbitrages délicats et des mécanismes de régulation sophistiqués.

Durabilité et transition énergétique : exigences incontournables pour l’industrie vietnamienne

La croissance verte et l’économie circulaire ne relèvent plus d’options stratégiques mais constituent des exigences impératives pour l’industrie vietnamienne. Les normes environnementales internationales se durcissent, et l’engagement du Vietnam d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 impose une refonte complète des processus industriels.

Cette transition s’accompagne de l’émergence de nouveaux secteurs prometteurs : énergies renouvelables, technologies propres, matériaux biosourcés, solutions de recyclage avancées. Les entreprises vietnamiennes qui anticipent ces évolutions et investissent dans la recherche scientifique liée au développement durable acquièrent un avantage compétitif décisif sur les marchés internationaux.

Les produits verts vietnamiens doivent désormais répondre à des standards stricts pour accéder aux marchés développés. Cette contrainte se transforme en opportunité : elle pousse les industriels à innover, à améliorer leurs processus, et à développer une expertise reconnue dans les technologies propres et l’efficacité énergétique.

L’économie circulaire comme nouveau modèle de production industrielle

L’économie circulaire redéfinit les relations entre production, consommation et gestion des ressources. Plutôt que le modèle linéaire traditionnel « extraire-produire-jeter », les industriels vietnamiens adoptent progressivement des approches visant à maximiser la durée de vie des produits, faciliter leur réparation et optimiser le recyclage des matériaux.

Cette transformation implique une refonte des chaînes de valeur, une collaboration accrue entre secteurs, et l’intégration de principes d’écoconception dès la phase de recherche et développement. Les parcs industriels écologiques se multiplient, créant des synergies où les déchets d’une entreprise deviennent les intrants d’une autre.

Le rôle déterminant des institutions dans l’industrialisation durable du Vietnam

Si la science et la technologie constituent les moteurs directs du développement, les institutions représentent le levier décisif garantissant l’efficacité et la pérennité de la transformation industrielle. Le Prof.-Docteur Nguyên Khac Quôc Bao, recteur de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, insiste sur la nécessité de positionner l’industrie des technologies numériques comme un pilier central, et non comme un simple secteur de soutien.

Le triptyque législatif récent – Loi sur les données, Loi sur la protection des données personnelles, Loi sur les entreprises de l’industrie des technologies numériques – établit progressivement un cadre institutionnel cohérent pour l’écosystème numérique. Dans cette architecture, l’État joue un rôle de façonneur à travers les institutions, les infrastructures numériques et des politiques de soutien ciblées.

Le Prof.-Docteur Nguyên Dong Phong souligne que la philosophie de l’industrialisation doit se recentrer sur la valeur ajoutée nationale, la productivité du travail et l’autonomie. La restructuration industrielle ne peut se concevoir indépendamment des enjeux de formation de ressources humaines hautement qualifiées, capables de maîtriser les technologies de pointe et de porter l’innovation.

L’État stratège : investir dans les secteurs à haut risque et long terme

Dans les domaines stratégiques nécessitant des investissements massifs et à longue échéance – comme la recherche scientifique fondamentale, les industries de base ou les technologies de rupture – l’État ne peut adopter une posture passive mais doit jouer un rôle moteur. Le Prof.-Docteur Trân Quôc Trung plaide pour la création de groupes et d’entreprises publiques pionnières dans la science et la technologie.

Cette intervention étatique, associée à une réforme de la gouvernance orientée vers davantage de transparence et d’efficacité, peut créer un effet d’entraînement bénéfique pour l’ensemble du tissu industriel. Les entreprises privées, rassurées par les investissements publics dans les infrastructures et la recherche fondamentale, osent alors investir dans des projets innovants et risqués.

  • Développement de centres d’excellence en recherche scientifique capables d’attirer les meilleurs talents nationaux et internationaux
  • Création de fonds d’investissement publics dédiés aux technologies émergentes et aux start-ups innovantes
  • Établissement de partenariats stratégiques entre universités, centres de recherche et entreprises industrielles
  • Mise en place de programmes de formation continue pour adapter les compétences aux évolutions technologiques
  • Développement d’infrastructures numériques de pointe accessibles à l’ensemble des acteurs économiques
  • Adoption de normes environnementales exigeantes stimulant l’innovation verte

Dépasser le piège de la faible valeur ajoutée : enjeux et perspectives

Le Prof.-Docteur Trân Tho Dat, président du Conseil scientifique de l’Université nationale d’économie, dresse un bilan nuancé de la situation industrielle actuelle. Bien que l’industrie contribue à environ 37,65% du PIB en 2025, la qualité de la croissance demeure limitée. L’industrie vietnamienne reste largement dépendante des investissements directs étrangers, se concentrant principalement sur des activités de sous-traitance et d’assemblage.

Cette configuration présente un risque majeur : celui de tomber durablement dans le « piège de la faible valeur ajoutée ». Les entreprises nationales peinent à maîtriser les technologies de pointe, à développer leurs propres marques et à s’imposer dans les segments à forte valeur ajoutée des chaînes mondiales de valeur. Cette situation limite les gains de productivité et freine l’augmentation des revenus de la population.

Pour échapper à cette trajectoire, une transformation radicale du modèle de développement industriel s’impose. Elle doit s’appuyer simultanément sur l’investissement massif dans la science et la technologie, le perfectionnement des institutions, et le renforcement des capacités endogènes des entreprises vietnamiennes. Les politiques industrielles doivent privilégier les secteurs à forte intensité technologique et favoriser l’émergence de champions nationaux capables de rivaliser sur les marchés internationaux.

Start-ups innovantes et écosystème entrepreneurial : catalyseurs de la transformation

Les jeunes entreprises innovantes jouent un rôle crucial dans la dynamique de transformation industrielle. Les festivals de start-ups scientifiques et les programmes d’incubation se multiplient à travers le pays, créant un écosystème entrepreneurial vivant où les idées novatrices peuvent se concrétiser rapidement.

Ces initiatives bénéficient d’un soutien croissant des pouvoirs publics, des universités et du secteur privé. Elles permettent de combler le fossé entre recherche académique et applications industrielles concrètes, tout en formant une nouvelle génération d’entrepreneurs maîtrisant les technologies de pointe et sensibles aux enjeux du développement durable.

Les domaines privilégiés incluent l’intelligence artificielle appliquée à l’industrie, les technologies de l’environnement, les solutions d’économie circulaire, la biotechnologie industrielle et les matériaux avancés. Ces secteurs représentent autant d’opportunités pour le Vietnam de se positionner sur des créneaux porteurs à l’échelle mondiale.

Industries de soutien et technologies clés : priorités stratégiques pour 2030

Le gouvernement vietnamien a identifié onze groupes technologiques comprenant trente-cinq produits stratégiques, dont six produits clés sélectionnés pour une mise en œuvre immédiate. Cette priorisation reflète une volonté de concentrer les ressources limitées sur les domaines offrant le meilleur potentiel de développement et de retombées économiques.

Les industries de soutien occupent une place centrale dans cette stratégie. Leur développement conditionne la capacité du Vietnam à remonter les chaînes de valeur et à réduire sa dépendance aux importations de composants et de technologies. Les secteurs ciblés incluent la mécanique de précision, l’électronique, les matériaux composites, la chimie fine et les équipements industriels avancés.

Cette focalisation stratégique s’accompagne de mesures concrètes : programmes de transfert de technologie, formation de techniciens spécialisés, incitations fiscales pour les investissements en recherche et développement, et création de clusters technologiques rassemblant entreprises, laboratoires et centres de formation.

La culture de l’innovation comme fondement de la compétitivité industrielle

Au-delà des infrastructures et des politiques, la culture de l’innovation constitue un élément déterminant du succès de la transformation industrielle. Elle implique une valorisation sociale de la créativité, de l’expérimentation et de la prise de risque calculée. Les entreprises qui cultivent cette culture parviennent à mobiliser l’intelligence collective de leurs collaborateurs et à générer un flux continu d’améliorations et d’innovations.

Cette évolution culturelle nécessite des changements profonds dans les systèmes éducatifs, les pratiques managériales et les mécanismes de reconnaissance sociale. Les universités adaptent leurs programmes pour développer l’esprit critique, la créativité et les compétences entrepreneuriales. Les entreprises expérimentent de nouvelles formes d’organisation favorisant la collaboration transversale et l’autonomie des équipes.

Le programme d’action pour l’innovation, avec ses orientations jusqu’à 2030, définit précisément les cinq piliers de cette transformation culturelle : innovation technologique, amélioration de l’efficacité, création de technologies, développement de start-ups innovantes, et diffusion d’une culture de l’innovation à tous les niveaux de la société.

Quels sont les principaux défis de l’industrialisation durable au Vietnam ?

Le Vietnam fait face à plusieurs défis majeurs : la dépendance excessive aux investissements directs étrangers, la concentration sur des activités à faible valeur ajoutée, la pénurie de ressources humaines hautement qualifiées en science et technologie, la fragmentation des données, et la nécessité de concilier croissance économique avec les objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Le pays doit également restructurer son tissu industriel pour renforcer son autonomie et développer des capacités endogènes d’innovation.

Comment la transformation numérique contribue-t-elle au développement industriel vietnamien ?

La transformation numérique constitue un moteur essentiel de la modernisation industrielle. Elle permet l’émergence d’usines intelligentes, optimise les processus de production, améliore la traçabilité et la qualité, et facilite l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Les données deviennent un actif stratégique déterminant la productivité et la capacité d’innovation. Le cadre institutionnel récent, notamment la Loi sur les données de 2024, pose les fondations d’une gouvernance numérique efficace supportant cette transformation.

Quel rôle joue l’État dans la transition vers une industrie verte et innovante ?

L’État vietnamien adopte une posture de façonneur actif plutôt que d’observateur passif. Il établit le cadre institutionnel nécessaire, investit dans les infrastructures numériques et de recherche, soutient les secteurs stratégiques à haut risque et long terme, et crée des incitations pour orienter les acteurs privés vers l’innovation et la durabilité. La création de groupes publics pionniers dans la science et la technologie vise à produire un effet d’entraînement sur l’ensemble du tissu industriel.

Quelles sont les technologies clés prioritaires pour l’industrie vietnamienne d’ici 2030 ?

Le Vietnam a identifié onze groupes technologiques comprenant trente-cinq produits stratégiques, avec six produits clés pour une mise en œuvre immédiate. Les priorités incluent l’intelligence artificielle appliquée à l’industrie, les technologies vertes et l’économie circulaire, les matériaux avancés, la biotechnologie industrielle, l’électronique et la mécanique de précision. Ces domaines offrent le meilleur potentiel pour remonter les chaînes de valeur et renforcer l’autonomie industrielle du pays.

Comment le Vietnam prévoit-il d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 dans son secteur industriel ?

L’atteinte de la neutralité carbone nécessite une transformation profonde du modèle industriel vers un paradigme vert-numérique-durable. Cela implique l’adoption massive d’énergies renouvelables, le développement de l’économie circulaire, l’intégration de principes d’écoconception, la modernisation des processus pour améliorer l’efficacité énergétique, et le respect de normes environnementales strictes. Les parcs industriels écologiques et les technologies propres constituent des axes prioritaires d’investissement public et privé.

Article by GeneratePress

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